vendredi 29 septembre 2017

Michel,

La cellule était grise,
Elle avait le parfum de la terre
Certainement le sol de poussières
Le plus marquant
Était l'absence de chaleur,
Pas le froid, le manque de chaleur !!!

Et cette absence de lumière
Finit par m'effrayer, 
Pas l'obscurité,  
le manque de lumière !!!

Et cette voix
Récurrente, 
D'où venait-elle ?

Peut être l'ombre
Derrière la porte
Celle qui tournerez la clé,
Et oserez entrer
Me lire mon dernier testament .

Je pouvais entendre son râle,
Et les applaudissements, 
Comme une sentence qui m'attendait,
L'ultime combat !
Avais-je le choix ?
Trainer ce fardeau,
Ou affronter ce passé qui me privait d'avancer ?

Un pas,
Juste un seul pas à faire
Quand la lumière entra

Éblouie,
Sans savoir où aller,
Juste me laisser guider
Et me propulser au milieu
De l'arène où l'on m'attendait .

J'avais osé !!!

Des hommes me contemplaient
Dans leur habit de lumière, 
On aurait dit des anges
Tant leur blancheur m'éblouissait .
- Où suis je ? 
- Au Paradis !!! Juste pour cette nuit.
Ils ont besoin de toi, en-bas, alors réveille-toi !
- Oui . Je ne pus répondre que Oui
- Nous avons un cadeau pour toi .
- Un cadeau ?
Il se poussèrent .
Michel était assis, 
Là !
il avait le visage de l'Archange, 
beau et divin dans son habit blanc, 
il me prit par la main,
Et m'entoura de ses bras,
Comme pour me rassurer,
Et me dire qu'il était toujours là, 
Près de moi,
Qu'il n'avait pu me dire au revoir
Ce jour là . 
Il me déposa le plus doux des baisers,
Et me glissa à l'oreille
"N'arrête jamais d'y croire,
L'amour t'attend en bas, 
Je surveille
Ne t'inquiète pas,
Je suis toujours là, 
Tout près de toi
Où le soleil brille, je suis
Et même si les nuages parfois me voilent
Je suis toujours là, 
Avec toi ... "

Il déposa une plume, 
Dans ma main,
Et s'envola, au loin,
Comme le rêve du petit matin,

Message de l'au delà, 
Voyage céleste, 
A travers les étoiles, 
Mon étoile, 

Je me réveillais ce matin là, 
Une plume à la main,
Sans trop savoir pourquoi,
Et me mis à écrire :
" Le rêve est le chemin qui t'a mené à moi, continue ton chemin de lumière, 
Laisse briller tes yeux et élève la terre de ton grain audacieux
Et surtout
Surtout reste toi !
Je t'aime ... "

Nathalie Constant

vendredi 8 septembre 2017

L Atelier

Tournent le tour, la terre d'argile 

 Mes mains posées, ne sont que souffle . 

 De légèreté ou de caresses 

 Entre mes doigts, ta peau se glisse. 

 Tournent mes mains autour de toi 

 Les fines d'eau aux interstices 

 Quand je remonte mes dix doigts 

 Ton grain de peau devient si lisse . 

 Tournent les mots et la tendresse 

 Et les fours chauds de l'atelier 

 Tourne l'argile à cette ivresse 

 Dans le parfum d'un jour d'été. 

 Je t'ai sculpté sans te toucher 

 Pour une amphore ou un calice 

 Tourne l'ondée à tes promesses 

  Dans le four chaud, Terre sacrée. 

                  Nathalie Constant

jeudi 7 septembre 2017

Je t'aime au féminin

Au sacre de tes mains
Aux caresses d'un sourire
Où l'aube est le matin
Que le soleil fait vivre

Je t'aime au féminin 
Au fameux du Palais 
Aux parfums libérés 
Quand l'aube est le satin 

Que sa douceur enivre !

Je t'aime au féminin 
Féminine,

Au parloir des blessures
Aux restes éclaboussures 
Où,
Seule, huis clos,
Les mots ne se taisent plus

Maux _ dire 
Et les écrire 
En grosses lettres rondes

Des noires et puis des blanches 
Des ocres 
Et des couleurs

Chamade

Aubade

Seule 
Aux premières lueurs 

Libre 
Au chant du piano 

En Je 
En Do 
Aux aubes

Jardin des Arts 
Où s'oeuvre 
Au masculin
Mutine

Je suis Noire 
Je suis blanche 
Je suis Musique du Monde

Naître fille

Je suis née

Femme.

  Natou Constant 

mardi 5 septembre 2017

La symphonie des pierres

Pierre teintée d'ombre et lumière 
Semble glisser en fond de toile 
L'amour au loin imaginé 
Dans l'univers de Paul Cezanne.

Conteur de temps en sentinelle 
Roche calcaire blanchie d'été 
Je pose les yeux à ma manière 
Sur tes couloirs d'ombre portée.

Goûter l'instant et te toucher 
Sous le silence de ma plume 
Glisser les mots sur tes volumes
L'âme épanchée sur tes secrets.

Oeuvre l'amour le long d'une courbe 
Partout l'azur autour de toi 
Comme un tableau tu te dessines
Parfum de roche, panorama.

D'ici, d'ailleurs, d'où je te vois
Sol irisé au corps d'écailles 
J'aime penser la nuit d'été 
Te voir briller au ciel d'étoiles.

Chante une histoire dans ta pierre 
Quand se profile ton horizon, 
Juste un passage à ton écrin 
Dans mon regard du Col Sainte-Anne.

      Nathalie Constant